lettres:le mois de mai en poésie

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POESIE: le mois de mai

C'est le premier jour du mois de mai ! Relisons les premiers vers de ce poème d'Alfred de Musset, écrit en 1835.

  musset

 

Alfred de Musset et George Sand viennent de rompre: le poète est tout entier à sa douleur, perdu et désemparé . La muse  l'exhorte à découvrir la beauté du monde .....

La nuit de mai

La muse


Poète, prends ton luth et me donne un baiser;

La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore.
Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser;
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

Le poète

Comme il fait noir dans la vallée!

J'ai cru qu'une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie;
Son pied rasait l'herbe fleurie;
C'est une étrange rêverie;
Elle s'efface et disparaît.

La muse


Poète, prends ton luth; la nuit, sur la pelouse,

Balance le zéphyr dans son voile odorant.
La rose, vierge encor, se referme jalouse
Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant.
Ecoute! tout se tait; songe à ta bien-aimée.
Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée
Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.
Ce soir, tout va fleurir : l'immortelle nature
Se remplit de parfums, d'amour et de murmure,
Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.

Le poète


Pourquoi mon coeur bat-il si vite?

Qu'ai-je donc en moi qui s'agite?
Dont je me sens épouvanté ?
Ne frappe-t-on pas à ma porte?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté ?
Dieu puissant! tout mon corps frissonne.
Qui vient? qui m'appelle? - Personne.
Je suis seul; c'est l'heure qui sonne;
O solitude! ô pauvreté!
(…………………..)
Mai 1835.

Publié dans LETTRES

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